Festival de Cannes 2026 : les films à surveiller avant la montée des marches

Le 79ᵉ Festival de Cannes se déroulera du 12 au 23 mai 2026 sur la Croisette. La sélection officielle a été dévoilée le 9 avril lors d’une conférence de presse au cinéma Pathé Palace à Paris, par la présidente Iris Knobloch et le délégué général Thierry Frémaux. Sur 2 541 longs métrages reçus en provenance de 141 pays, 21 films ont été retenus en Compétition pour la Palme d’or, dont 11 cinéastes qui n’avaient encore jamais concouru à ce niveau.
Cette année, le jury sera présidé par le cinéaste sud‑coréen Park Chan‑wook, première personnalité coréenne à occuper ce poste prestigieux. Réalisateur de Oldboy, Thirst, Mademoiselle ou Decision to Leave, il apportera un regard à la fois cinéphile et très exigeant sur la mise en scène, critère central revendiqué par Frémaux pour composer la sélection.
La Vénus électrique, un film d’ouverture très accessible
Le film qui donnera le coup d’envoi du festival est La Vénus électrique de Pierre Salvadori, présenté hors compétition lors de la cérémonie d’ouverture. Le cinéaste français, connu pour Hors de prix et En liberté !, revient avec une comédie romantique portée par Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons.
Au‑delà de la symbolique de l’ouverture, La Vénus électrique jouera un rôle important dans la saison des sorties françaises : après sa projection sur la Croisette le 12 mai, le film doit sortir dès le lendemain dans les salles françaises, profitant directement de l’exposition cannoise. C’est typiquement un titre passerelle entre sélection officielle et grand public, à surveiller si tu couvres les sorties cinéma de mai.
Amarga Navidad : le grand retour d’Almodóvar en compétition
Parmi les films en lice pour la Palme d’or, Amarga Navidad de Pedro Almodóvar fait figure de favori annoncé. Il s’agit de la septième sélection en Compétition du réalisateur espagnol, qui revient au long métrage en langue espagnole après plusieurs incursions en anglais.
Le film est présenté comme un drame intime et très personnel, dans la continuité de la veine autofictionnelle amorcée par Douleur et gloire. Pour le public français, Amarga Navidad sera l’un des grands rendez‑vous d’auteur de la fin d’année, avec un passage obligé à Cannes avant une sortie en salles qui pourrait clairement peser dans les classements et les prix.
Histoires parallèles : un casting français XXL pour Asghar Farhadi
Autre titre majeur de la Compétition 2026, Histoires parallèles d’Asghar Farhadi attire l’attention par son casting francophone impressionnant. Tourné en France, le film réunit Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Virginie Efira, Pierre Niney et Vincent Cassel dans un récit choral situé dans un coin de Paris.
Thierry Frémaux le décrit comme une mécanique très précise de destins qui s’observent “d’immeuble à immeuble”, fidèle au style Farhadi fait de tensions morales, de secrets et de points de vue qui se télescopent. En termes de sorties, Histoires parallèles a tout pour devenir un événement en salles en France : grand auteur déjà oscarisé, cast ultra identifiable, exposition maximale à Cannes. Pour un site centré sur les sorties prochaines, c’est l’un des films à mettre en haut de la liste.
Une compétition où les Français sont très présents
La Compétition officielle 2026 se distingue aussi par une forte présence française, notamment côté réalisatrices. Quatre cinéastes français sont en lice pour la première fois pour la Palme d’or :
- Léa Mysius avec Histoire de la nuit, adaptation du roman de Laurent Mauvignier.
- Charline Bourgeois‑Tacquet avec La vie d’une femme.
- Jeanne Herry avec Garance, portée notamment par Adèle Exarchopoulos.
- Arthur Harari avec L’Inconnu, présenté comme un objet de cinéma très singulier.
On retrouve également plusieurs cinéastes européens ou internationaux déjà reconnus par la Croisette, comme Cristian Mungiu (Fjord), Pawel Pawlikowski (Fatherland), László Nemes (Moulin), Lukas Dhont (Coward), Rodrigo Sorogoyen (El ser querido), ou encore Hirokazu Kore‑eda (Sheep in the Box).
Pour les spectateurs, cette diversité signifie que la plupart des grands films d’auteur de fin 2026 passeront par Cannes : suivre la sélection, c’est donc prendre une longueur d’avance sur les futures sorties salles et plateformes.
Vol de nuit pour Los Angeles : Travolta entre Croisette et Apple TV+
En dehors de la Compétition, la section Cannes Première accueille un projet qui illustre bien les liens croissants entre festivals et streaming : Vol de nuit pour Los Angeles (Propeller One‑Way Night Coach) de John Travolta.
Adapté de son propre roman, le film est le premier long métrage réalisé par Travolta et suit un jeune passionné d’aviation qui traverse les États‑Unis avec sa mère lors d’un vol de nuit, dans un récit présenté comme un voyage initiatique.
Après sa présentation sur la Croisette, Vol de nuit pour Los Angeles doit être diffusé comme Apple Original sur Apple TV+, dans le courant de la fin mai. Pour les plateformes, c’est un cas d’école : utiliser Cannes comme vitrine prestige, puis capitaliser sur cette aura au moment de la mise en ligne.